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Extrait du livre La bergerie des Carses

Extrait du livre

La bergerie des Carses

 

 1

Revenant d’Italie avec un sac plein de marchandises de contrebande, Paul, le berger a repéré des ombres tentant de se dissimuler derrière sa bergerie. Il a tout de suite reconnu l’uniforme des douaniers et le caporal-chef Burnan.

Accroupi dans l’herbe humide, parlant tout seul, se faisant questions et réponses, Paul tente de trouver une solution rapide avec une première urgence, se défaire de son sac et dans un deuxième temps aller voir pourquoi des douaniers étaient dans sa cour. Mais en premier le sac, car sans preuve, personne ne pourrait l’accuser. Il connaissait bien une planque qui pourrait lui servir mais pour cela, il devait descendre dans la combe rocheuse à l’arrière de la bergerie. Toutefois, le faire en pleine nuit augmenterait la difficulté et le risque de chute. Une fois le sac caché, il devrait expliquer aux douaniers d’où il venait en pleine nuit.

Pourtant deux minutes plus tard après avoir vérifié la possibilité de réussir son plan, il dévala en courant la prairie qui longe la combe. Légèrement au-dessus de la bergerie, il descendit dans les rochers, se faufilant entre les blocs. Il trouva un trou, y glissa le sac en le recouvrant de rochers plus petits. Il le fit avec beaucoup de soins pour éviter de casser les bouteilles d’alcool qu’il transportait et de plus il ne voulait surtout pas faire de bruit afin de ne pas faire japper le chien, ce qui aurait alerté les douaniers.

Débarrassé du sac, il vérifia une nouvelle fois l’heure, une heure trente. Son plan était toujours possible, descendre au village, réveiller sa femme pour qu’elle lui donne de la nourriture et remonter en courant pour être là à cinq heures trente pour sortir les bêtes. Pour cela, il ne fallait pas perdre de temps, il partit en courant dans la combe. En dix minutes, il rejoignit le sentier menant à la bergerie, avec la boucle qu’il avait faite, il était nettement plus bas. Il continua à courir manquant à plusieurs reprises de chuter, se récupérant toujours à l’extrême limite, sur un chemin ou il connaissait tous les pièges. À deux heures quarante-cinq, il tapa à la porte de sa maison pour se faire ouvrir, ses clés étaient restées dans la bergerie. Au bout de trois minutes, la voix de sa femme demanda qui se trouvait derrière la porte. Il lui dit d’ouvrir et après lui avoir rapidement donné un petit baiser, lui raconta son histoire et le plan qu’il avait imaginé pour s’en sortir.

Tout en parlant, Rosine, sa femme remplissait un vieux sac à dos de nourriture. Au fond, Paul y glissa plusieurs pains de sel. Une fois le sac plein, il le chargea sur son dos, embrassa plus tendrement sa femme, lui rappela ce qu’elle devait dire aux douaniers ; – il était arrivé à vingt-deux heures la veille comme il le faisait souvent. Sa montre marquait trois heures quinze quand Paul sortit de la maison. Il emprunta le sentier, marchant d’un pas rapide.

À quatre heures quarante-cinq, il arriva sous la bergerie ; il connaissait un coin d’où il pourrait voir les bâtiments sans être vu, il s’y arrêta, les douaniers toujours en place, surveillaient la descente du col de la Venelle pensant que Paul allait arriver par le sentier.

Quand ils le virent entrer par le portail de la bergerie, tous se tournèrent vers le caporal-chef Burnan le questionnant du regard pour savoir quelle devait être leur attitude. Celui-ci complètement décontenancé resta parfaitement muet puis il retrouva sa voix.

— Où as-tu passé la nuit et qu’as-tu dans ton sac ?

Paul fit mine d’être surpris par la présence des douaniers puis à son tour demanda.

— Et vous que faites-vous dans ma bergerie ?

Le fait que Paul ne réponde pas à sa question vexa un petit peu Burnan

— Ce n’est pas à toi de demander ce que l’on fait là, dis-nous ce que toi tu as fait cette nuit ?

Paul gardant son calme répondit à Burnan qu’il était descendu au village voir sa femme comme il le faisait régulièrement et qu’il remontait du sel et de la nourriture.

Burnan était fou de colère : passer la nuit dehors sans pouvoir arrêter Paul pour contrebande, et en plus le berger qui se moquait de lui ! Pourtant, la personne qui l’avait renseigné semblait bien le connaître.

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Creation date : 10/12/2021 18:24
Category : - Livres - Romans
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